22.09.2009

Réunir la famille Centriste

Pourquoi devons-nous impérativement nous retrouver, nous les Centristes, au sein de notre famille d'origine ?
Pourquoi sommes-nous divisés ?
Quelles sont nos combats et nos valeurs communes, Quelle est notre différence avec les autres formations politiques ? ...

29.06.2009

Un emprunt d'Etat au doux parfum pompidolien

 

François Fillon a réuni dimanche le gouvernement pour lancer un  débat sur les priorités qui seront financées par l'emprunt national annoncé lundi dernier par le Président Sarkozy.

pompidou.jpgCet emprunt nous rappelle les vieilles ficelles économiques qui tenaient lieu de pratiques courantes en France, sous de Gaulle, Pompidou et Giscard d’Estaing. Le Franc était en compétition avec d’autres monnaies en Europe et nombreux économistes français s’accommodaient des mécanismes inflationnistes  récurrents pour en diminuer les effets.

Que cette époque me parait lointaine

Aujourd’hui, l’Euro a remplacé le franc, la banque centrale européenne impose son La,  l’inflation est proche du zéro absolu et le la dette dépasse 7% du Produit Intérieur Brut.  On se demande dans ces conditions si l’emprunt national imaginé par le shadow cabinet de Nicolas Sarkozy  et médiatisé par le Premier Ministre (qui n’aurait pas été consulté sur son bien fondé) pourrait relancer la machine économique ?

A voir comment les choses se mettent en place, nous nous situons surtout dans la communication politique plutôt que dans la volonté de réduire les déficits structurels. Comme nous savons encore que très peu de choses sur cet emprunt, notamment à combien  il s’élèvera, on ne peut qu’émettre quelques réserves de bon sens et s’en remettre au calendrier de Matignon pour en connaître davantage.

Disons pour finir qu’une hausse des taux d’intérêts fortuite (même si ce n’est pas la tasse de thé de J-C Trichet) enraierait définitivement le peu d’oxygène que cet emprunt serait supposer apporter et qu'enfin, Il n’est pas non plus certain que les français répondent à l’élan national demandé et y souscrivent en masse.

JPB

20.02.2009

Outre-mer : face au mépris et aux approximations… vers une autre politique.

afp-photo-174040.jpgUltra-marins, ultra-mépris.

 

 

Mépris…

 

Depuis plusieurs semaines la Guadeloupe s’enfonce dans une crise progressive dont les signes avant coureurs n’ont pourtant pas manqué.

 

Quiconque est allé travailler dans les DOM  a été confronté aux nombreux problèmes dont souffrent ces différents départements.

 

Coexistence de bidonvilles et de résidences de luxe favorisées par la « défiscalisation », faiblesse de certaines infrastructures…

Environ 1 600 000 personnes vivent dans trois des quatre DOM (Guadeloupe, Martinique et La Réunion) sur une superficie de 5 300 km carrés, soit une densité de près du triple de la métropole.

 

Quel est le nombre de kilomètres de voies ferrées ? Réponse : 0.

 

L’absence de concurrence, des sociétés privées en position de monopole ou de quasi-monopole et bien d’autres facteurs expliquent bon nombre de rentes de situation et des prix totalement exorbitants.

 

A titre d’exemple, ne cherchez pas dans les DOM le moindre prix sur les carburants dans les stations service car il n’y a qu’un seul importateur et qu’un seul distributeur.

Face à une situation de plus en plus tendue, Yves Jégo, le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, a multiplié les déplacements et les réunions avec les principaux acteurs politiques, économiques et sociaux.

 

C’est visiblement une méthode de travail qui déplaît en haut lieu.

 

Pour seul remerciement, celui-ci s’est fait convoquer à Paris en pleines négociations (le téléphone et les vidéoconférences entre la Préfecture de la Guadeloupe, Matignon et l’Elysée ne fonctionnent donc pas aux Antilles ?), s’est visiblement fait « remonter les bretelles » et est revenu encadré par deux « médiateurs ».

 

Premier mépris y compris pour le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer.

 

Lors de son avant-dernière et très longue intervention télévisée, ni les deux journalistes ni le Président de la République n’ont eu l’idée d’évoquer la situation aux Antilles qui pourtant se dégradait de jour en jour.

 

Deuxième mépris.

 

Lors de sa dernière intervention télévisée, le Président de la République n’a évoqué la situation Outre-mer que tout à la fin de son discours et ce, en quinze secondes en convoquant une future réunion.

 

Troisième mépris y compris pour le Premier ministre et de nouveau pour son secrétaire d’Etat.

 

Alors que la nouvelle du meurtre d’une personne, lié d’une certaine façon au climat d’insécurité régnant dans l’île était connue depuis plusieurs heures, aucun mot de condoléances de la part du Président de la République dans sa dernière intervention télévisée ni envers sa famille ni envers ses collègues.

 

Quatrième mépris.

 

Approximations…

 

Alors qu’il avait su avec talent sortir de la crise de la Nouvelle-Calédonie avec un remarquable courage politique, Michel Rocard a donné à un récent journal télévisé de RFO une interview consternante sur l’avenir de Mayotte.

 

Dans un langage peu compréhensible, celui-ci a multiplié les approximations du genre « la départementalisation va coûter cher aux Mahorais car il faudra payer un Président du conseil général, une assemblée et des locaux… ».

 

Rappelons simplement que le Président de l’actuelle collectivité territoriale existe déjà, que l’assemblée de l’actuelle collectivité territoriale existe déjà, que les locaux existent déjà, que tout cela fait d’ores et déjà l’objet de paiements et que nul ne s’émeut en termes de confusion des genres que le conseil municipal de la ville de Paris siège aussi parfois en tant que conseil général du département de Paris.

 

Par-dessus le marché, il est aussi navrant que l’ancien Premier ministre mette en exergue les insuffisances en matière d’éducation et d’hôpital alors que précisément l’effort de l’Etat a été colossal pour développer l’hôpital de Mamoudzou et les établissements d’enseignement secondaire.

 

Une autre politique

 

Ni mépris ni approximations, l’Outre-mer vaut bien mieux que cela.

 

Partout des hommes et des femmes mettent en œuvre leur volonté, leur savoir faire pour faire évoluer leur cadre de vie, moderniser leurs infrastructures.

 

A simple titre d’exemple la région Réunion est en voie d’achever deux projets capitaux à savoir la desserte par voie rapide entre Saint-Denis et Saint-Pierre et la mise en place d’un « tram-train » entre l’aéroport et Saint-Paul via Saint-Denis.

 

Il reste une tâche énorme à mener à bien dans les DOM tant le clientélisme, l’esprit clanique ou corporatiste y sévissent parfois au détriment des lois de la République.

 

Mais il existe aussi une énorme richesse faite de la jeunesse de sa population, des remarquables potentialités de ces îles, des politiques à mettre en œuvre notamment dans le cadre de la protection de l’environnement, de l’équité fiscale et foncière…

 

C’est cette autre politique fondée sur la prise en compte des spécificités mais aussi sur le respect de la loi républicaine que François Bayrou a raison de vouloir promouvoir Outre-mer comme en métropole.

 

Les prochaines élections européennes ne sont nullement déconnectées de l’Outre-mer.

 

Qualifié selon la terminologie officielle de « régions ultra-périphériques » de l’Union européenne, l’Outre-mer peut obtenir à ce titre aides et conseils pour un développement enfin plus harmonieux.

 

Et il nous appartient à nous tous de faire en sorte que nos concitoyens vivant loin de la métropole ne fassent plus l’objet de mépris ou d’approximations.

 

 

820639972.jpgPatrick Dessen

Vice-président de la section MODEM de Châtenay-Malabry

10.02.2009

Générations Démocrates

IMGP1282.JPGA l’issue de la Conférence Nationale qui s’est tenue au Palais de la mutualité de Paris, je suis rassuré par la pêche et la réelle volonté d’en découdre de nos têtes de liste. A commencer par le premier d’entre eux dont le discours à été d’une qualité exceptionnelle. François Bayrou a, de façon didactique démontré à quel point il était fondamental que le Mouvement Démocrate s’affirme comme la seconde force du pays.

Il a rappelé  avec quel discernement, avant toutes les autres représentations politiques confondues,  que nous fûmes les premiers à dénoncer le poison de cette politique néolibérale qui devenait le mètre étalon incontestable et incontesté des projections et raisonnements politiques et médiatiques dominants de ce pays.

Nous sommes aujourd’hui  convaincus que des valeurs particulières à la France sont mises à mal par le pouvoir en place qui recherche l’alignement sur un modèle anglo-saxon usé et contestable.  Que ce choix se fait paradoxalement à un moment où ce modèle est au bord de l’implosion et tire la planète dans une spirale de tous les dangers.

Le réalisateur Québécois  Denys Arcant en ayant successivement évoqué le déclin de l’empire et des invasions barbares qui s’en suivraient, avait trouvé avant tous les autres, par une fulgurance intéressante, les formules que nous semblons reconnaitre aujourd’hui comme des évidences certaines.

C’est maintenant que l’Europe doit montrer à nouveau le chemin. C’est aujourd’hui que l’Europe doit affirmer son leadership intellectuel et moral. C’est à l’issue des grandes crises que notre Continent a de tous les temps existé plus fort.

 « Une nouvelle génération se lève et prend en main l'avenir de la France et de l'Europe. Oui la politique d'aujourd'hui est pervertie, mais pour vivre ensemble et construire l'avenir du monde, il va falloir y mettre les mains, de l'énergie et de la force de conviction ! Exemple de ces militants qui vont à contre courant des idées reçues sur notre génération tant décriée ! »

Celle qui a écrit cela vient de prendre ses distances avec notre mouvement. Je reviens une seconde fois là-dessus car je ne comprends pas que Quitterie Delmas  se sente si résigner après moins de deux petites années (pourtant si riches) passées à la mise en place des instances de notre parti ?

Deux ans à peine nous séparent de la naissance de ce formidable espoir qu’est le Mouvement Démocrate ?

Comment en si peu de temps pense-t-elle en avoir fait le tour pour elle-même et écrire ne plus avoir le force d’attendre plus ?

Comment à l’âge de trente ans, elle qui se voulait être la porte-parole d’une nouvelle génération politique, elle puisse en avoir déjà assez et remettre en cause ce magnifique élan qui ne fait que commencer ?

Je réponds à Quitterie Delmas que cette volonté de renouveau politique et moral ne serait être la seule ambition et le seul apanage d’une génération de trentenaire. Mais que cet espoir est partagé et ressenti par tous les véritables démocrates qui se retrouvent dans le message de François Bayrou et ceci, dans une diversité transgénérationnelle.

Je dis à Quitterie Delmas que se sont différentes générations démocrates qui sont prêtes à se battre ensemble et retrousser leurs manches. Qu’elles se sentent prêtes  à partager leurs  savoirs, leurs expériences et  préparer  avec la fougue des plus jeunes l’alternance à laquelle nous aspirons tant.

Ces générations démocrates sont prêtes mais ont l’impérieux devoir de travailler ensemble main dans la main.

Que ce sont ces générations de démocrates qui vont s’attacher à promouvoir un projet politique différent construit dans le sillage du message de François Bayrou.

Que ce sont ces générations démocrates qui incarneront très prochainement le nouveau visage des français.

Que ce sont ces générations démocrates qui jetteront les bases avec pacifisme et rigueur d’une nouvelle exigence politique et morale.

Et que oui, elles seront aux côtés de la jeunesse pour y œuvrer mais que tout ceci  ne sera possible qu’ensemble et non de façon clivée.

L’hymne à la joie de Beethoven a pris à la fin de cette conférence un relief particulier, chanté avec force par l’ensemble de démocrates convaincus qui s’étaient pour l’occasion réunis dans cette salle afin de  marquer  le coup d’envoi des élections européennes de 2009. Mais ils avaient tous les âges, venaient d’horizons politiques différents, partageaient des fois différentes, incarnaient toutes les catégories sociales de notre pays.

JPB

(*) Crédit photographique : Sylvie Brenez - Toutes reproductions réservées. (sylviebrenez@yahoo.fr)

 

23.11.2008

Le PS face à ses fantômes

front-34-image-274502.jpgLe Parti Socialiste est malade de ses chefs, malade à sa tête.

Une tête qu'il semble avoir perdue, paraissant se mouvoir comme un corps sans cerveau qui erre  de droite à gauche, à la dérive.

Mais le Parti Socialiste a un corps large et solide, composé de dizaines de fédérations régionales très bien implantées sur l’ensemble du territoire avec des militants qui restent très actifs et qui attendent l'heure.  Il serait donc  utopique de croire à une implosion de ce parti dans les prochains jours : C’est un parti  riche qui reste une puissante machine électorale dont trop de gens dépendent professionnellement pour en laisser casser le jouet.

Ce qui se passe actuellement au PS est consécutif  au refus des socialistes français de réaliser ce que leurs autres homologues européens ont fait, pour certains d’entre eux depuis déjà plus de dix ans : une réforme de l’intérieur.

En cela on peut se demander jusqu’où pourront aller ses dirigeants, cette baronnerie   qu’on nomme étrangement «éléphants » qui ne semblent plus se préoccuper de leur base mais du seul pouvoir personnel qui les motive.

Cette reforme de l’intérieur passe obligatoirement par la reconnaissance d’une realpolitik, dont l’écueil reste l’économie. Beaucoup de socialistes ont trop tardé à se positionner ouvertement sur les choix économiques à faire une fois qu’ils seraient revenus au pouvoir. La scission entre le courant Ségoleniste et Aubriste dont est donné aujourd’hui le triste spectacle, vient aussi de là.

Ce sont deux manières de voir, d’appréhender le monde qui sont en jeu.  Sur la gauche du parti, la vieille famille issue des mouvements trotskystes des années 70 qui ne veut pas entendre parler de social-démocratie, dénonçant le capital sous toutes ces formes de ce  que fantasmagoriquement il découle, oubliant au passage que les décisions économiques proviennent à plus de 90% de Bruxelles et que l’autodétermination sur ce champs-là, est devenue marginale.

A sa droite, les européistes strauskahniens trépignent pour que se réalise rapidement la mutation nécessaire, la révolution culturelle dont ce parti a besoin, afin qu’il rejoigne la vision de ces amis socialistes voisins. Il est vrai que ce congrès eut été sans doute plus serein si la grande crise financière ne s’était pas abattue pendant qu’elle avait lieu.

Bien qu’absents du débat, les 2 B, à savoir  Besancenot et Bayrou ont été les deux vedettes de ce congrès.

Autrefois, les socialistes pouvaient compter sur le Parti Communiste pour gagner les quelques pourcentages qui lui manquaient pour accéder au pouvoir. Mais le Parti Communiste est devenu un parti groupusculaire amaré à une force syndicale hypertrophiée.

Quand est-il aujourd’hui  du  Nouveau Parti Anticapitaliste créé par Besancenot qui risque de devenir  aussi toxique pour le PS que le Front National le fut pendant plus de vingt ans à la droite classique ?

 Ségolène Royal se dit prête à accueillir les centristes tandis que Martine Aubry a déjà réalisé la coalition à  Lille avec le MoDem.  Pourtant c’est sur ce point là qu’aujourd’hui  on se heurte.

Le PS est face à ses fantômes.

Chacun s’accorde aujourd’hui sur un point : il  lui faudra réaliser sa mutation, s’il veut survivre politiquement et reconquérir le pouvoir.

JPB

15.11.2008

Ségolène Royal et le panier de Crabes

photo_1220012843648-1-0.jpgJe vais tenter ici d'analyser pourquoi les militants socialistes ont offert un boulevard politique au vilain petit canard Charentais.

 

Si les motivations de Nicolas Sarkozy en matière d’accession au pouvoir sont classiques, celles de Ségolène Royal sont pour le moins atypiques.

L’un revêt les traits d’un matador qui s’est tracé un plan de carrière depuis de longue date et dont le couronnement final fut la présidence de la République. Comme tous les animaux politiques auxquels il a succédé, sa quête du Graal lui a fourni tout le carburant nécessaire pour arriver à ses fins : La griserie du pouvoir, l’excitation du pouvoir, le pouvoir pour "pouvoir pouvoir" : Rien de très nouveau.

En revanche pour Ségolène Royal, aborder l’idée d’une possible élection à la présidence de la république relève chez elle, plus d’une démarche méssianique qu'autre chose : On y trouve de la jubilation, de la passion, un état presque extatique qui transparaît lors de ses meetings.

La campagne présidentielle ne la pas éprouvée. Au contraire, elle est toujours restée en campagne et son état psychologique d’outsider est intact.

Elle est plus que séduisante aux yeux de beaucoup d’observateurs. Elle en joue à chacune de ses apparitions.

Avec elle, le pouvoir est ludique, incarné : fini les femmes virils, les Huguette Bouchardeau, les Yvette Roudy et autres Marie-George. On entre de plein pied dans l'ère de la démocratie d’opinion, de la démocratie participative avec pour vitrine l’Internet. Ségolène Royal est très à l’aise avec ces nouveaux outils. Elle régle ses comptes avec son enfance et plus particulièrement avec son père : Ce qui la caractèrise depuis ses tous premiers pas en politique, c’est ce féminisme qui s’affranchit de son image caricaturale. Un féminisme doux mais assumé qu’elle revendique dans chacun de ses propos. Désir et résilience sont les deux carburants de la possible future présidente.

 

Mais la favorite des militants socialistes ne saurait se résumer à cela. Comme François Bayrou, Ségolène Royal a perçu très tôt, l’écroulement invisible des fondements d’une politique traditionnelle menée par des hommes d’appareil.

Elle a su construire intuitivement un nouveau mode de réflexion, puis de dialogue qu’elle a proposé directement aux français sur des médiums mal exploités jusqu’ici.

 

Son arrivée dans l’échiquier politique national est née d’une sédition menée contre le panier de crabes que forme les dirigeants socialistes qui n’en finissent plus de se couper de leur base. Elle représente au sein de son fief, ce qu’est Sarkozy à droite, une rupture.

 

On ne sait pas si, en cas de victoire, elle infléchirait le PS à gauche ou bien à droite. Ségolène Royal est par nature excentrée et ne répond à aucun critère traditionnel. Même si elle provient du sérail (c’est une Enarque qui à fait Sciences Po et qui possède une maîtrise d’économie) elle a su déjouer les pièges de tout ceux qui avant elle, avaient essayé de briser les portes du pouvoir par un discours différent, mais qui n’avaient pas fait les bonnes études et n’avaient pas les bons réseaux. Car même si elle s’en défend, elle est de la famille.

Douter d’elle-même, renforce son image. « Je ne sais pas tout sur tout » : Qui d’autre qu'elle chez les hommes politiques aurait osé cette réplique ? Chez Ségolène Royal cet aveu feint devient un atout évident et séduit les français qui en ont assez de voir des hommes politiques indéboulonnables leur servir les même bobards depuis des décenies sans y croire eux-mêmes un instant.

C'est aussi comme cela que Ségolène Royal dynamite les concepts des représentants du parti socialiste qui vivent sur ce double langage : Celui de la tribune d’un meeting, lorsqu’ils parlent avec la main sur le cœur des 35 heures mais qui raillent leurs propos dès qu’ils ont descendus les escaliers.

 

Ségolène Royal surfe sur des lignes de fractures qui jusqu’alors étaient le talon d’Achille de la gauche, où celle-ci perdait des points aux yeux de l’opinion publique qui la trouvait trop molle ou trop indécise, notamment en matière de sécurité.

Cet excentrisme qui lui correspond intimement la rend insaisissable. Il souligne la faillite de l’appareil socialiste qui exprime aussi assez bien la maladie de la gauche toute entière.

 

Pour finir, c’est le système anglo-saxons qui est le grand vainqueur de cette révolution en marche qui s’impose dans ce pays. Une démocratie à l’américaine qui marquera une profond changement avec le discours politique classique soutenu depuis de Gaulle.

Si on compare la dernière campagne présidentielle avec la première campagne de Tony Blair on y trouve des similitudes. Nous vivons avec un décalage d’une décennie environ.

 

C’est la raison pour laquelle les socialistes ont donnés une majorité à Ségolène Royal. Ils n’ont pas pensé en militant, mais ont essayé de se projeter vers l’avenir. Ils se sont demandés ce que les français aimerait mettre en face de Sarkozy aux prochaines présidentielles.

Ils pensent avoir une idée assez précise de la réponse. Et même si je ne partage pas cet avis;  au sein du PS, ils ont fait le meilleur choix.

 

JPB

 

 

 



envoyé par publicsenat

24.08.2008

Retour au charbon

charbon.JPG

Je n’ai rien écrit de politique ces temps-ci : Je laisse doucement glisser le mois d’août et son cortège de vacanciers qui rentrent péniblement de leurs lieux de villégiature. Ils se composent en général de deux groupes : l’un rase les murs, bagages en mains afin de faire le moins de vague possible. Ils se font oubliés. L’autre groupe salut à la cantonade et exhibe son bronzage et prend une mine surpris et vaguement inquiète lorsqu’un voisin lui annonce qu’il n’est pas parti en vacances cette année « ah bonnnnn…… !! »

Bruno-Pascal aime bien les statistiques et rappelait dans son dernier post que 50% des français étaient restés chez eux. En partie à cause d’un pouvoir d’achat réduit et d’une situation économique précaire. Je lui emboîte le pas pour écrire ici toute mon indignation sur ce programme politique qui se présentait comme participatif et à l’écoute et qui a profité de l’été pour faire passer toutes sortes de Lois et de décret absolument scandaleuses (les heures travaillés des cadres dorénavant qui les privent de vacances par le truchement de l’annulation des RTT).

L’augmentation du Gaz de 4% à mi-août (il avait déjà augmenté de 5,5% en avril)

L’annonce faite de 34 716 568 395,82 euros de déficit public en 2007 malgré les promesses du candidat Sarkozy de tacler le budget de la France.

L’annonce du dispositif qu’un chômeur qui « refuse à deux reprises une offre raisonnable d’emploi » sera « radié de la liste des demandeurs d’emploi ». C’est incroyable qu’on ait réussi à culpabiliser un homme ou une femme parce qu'il ne trouve pas d’emploi alors qu’on se situe dans un système capitaliste qui décharge par milliers des salariés pour des raisons de profit et qui n'a plus besoin d'un système de plein emploi. C’est à mon sens la plus grande énigme de cette époque.

On a aussi souhaité la bienvenue aux nouveaux fichiers : Par décret qui porte la création d’Edvige, et qui rassemble les données personnelles classées « secret défense ». Le fichier « VIS DGI Multicritère », qui centralise pour la Direction générale des finances publiques des données fiscales à caractère personnel, afin « d’améliorer l’assiette de la fiscalité directe locale et la connaissance du tissu foncier ».

Et puisque je parlais de l’emploi des cadres, voici un rapport qui est téléchargeable (PDF - Xls) et qu’on trouve sur le portail de l’INSEE. et qui évoque plus largement la situation de l'emploi en 2007.

L’Etat doit continuer d’assumer trois fonctions qui me paraissent essentielles dans notre pays, si on veut éviter la disparition de toute solidarité, la dislocation des valeurs morales et brader les trois fondements  symboliques de notre République (comme on brade actuellement, sur l’Autel de la pipolisation, la fonction présidentielle) :

1) Protéger ses citoyens : on voit le désengagement de l'Etat dans son armée et les problèmes socio-économiques qui ne vont pas tarder à surgir dans des petites villes qui vivaient largement grace à la présence militaire.

2) les instruire en leur donnant les moyens du Savoir et de la connaissance et aussi

3)  les soigner. Et pour ce faire, venir à l’aide à toutes celles de ceux qui souffrent.

C’est une hypocrisie de faire croire que les malades ont creusé eux-mêmes  le « trou de la sécu » qui se transformerait en excédent si cette même « sécu » recevait tout à coup les subsides publics et privés providentiels. La réalité quotidienne des malades, je parle de ceux qui ont un traitement lourd et non pas une gastro, est difficile et compliquée. Déjà beaucoup d’entre eux, du fait de la franchise médicale existante,  renoncent à certains soins. Et pendant ce temps, une nouvelle vague de déremboursements est décidée et appliquée dans la plus grande discrétion.

Tiens je viens d'écrire quelque chose de politique..

 

 

 

09:49 Ecrit par Jean-Pierre Bozzonne dans 02 Politique en France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

22.07.2008

Constitution : Le fond et la forme

medium_constitution.jpgMe fendre d’une petite note sur la modification de la constitution.

Sur la forme tout d’abord pour dire qu’un tel remaniement eut mérité mieux qu’un vote effectué en catiminie, en plein mois de juillet, sans qu’un réferundum ne soit proposé au peuple de ce pays pour un résultat minable de deux voix supplémentaires, dont l’une issue du camp socialiste. Constatons que ce qui vaut pour les grands choix décidés pour l’Europe vaut visiblement aussi pour la France..

Infantile aussi la réaction du Président du groupe socialiste, Jean-Marc Ayrault, qui semble vouloir virer Lang parce que ce dernier a voté selon ses convictions plutôt qu’en suivant  la ligne de son parti. Ce même parti qui dénonce, sans rire,  les pressions qui lui auraient été faites pour voter "dans le bon sens" mais qui ne se gêne pas, si j’ai bien compris, à faire de même auprès de ses ouailles : comme si un vote de cette importance ne pouvait pas marquer une trêve dans le jeu-jeu politique habituel du « je vote contre » par principe (et je suis bien placé pour l’observer d’où je suis…) en confondant esprit de critique avec esprit critique qui débouche toujours sur esprit d’obstruction.

Sur le fond. Il semble que c’est une assez bonne reforme dans l’ensemble et qu’il n’y ait pas lieu de pousser des cris d’orfraies. La démocratie en ressort affermie. Cette modification  renforce les droits des citoyens, en leur donnant la possibilité de saisir indirectement le Conseil constitutionnel pour contester une loi contraire à la Constitution. La gauche a eu tort de transformer le vote de lundi en scrutin pour ou contre Nicolas Sarkozy, au lieu de se prononcer sur la Constitution, sur sa modernisation, si imparfaite qu’elle soit. Elle a fait un très mauvais choix stratégique : Du coup, il est fort à parier qu'on ne va parler que de çà, de ses divisions une fois de plus.

Quant à François Bayrou, je ne l'ai pas trouvé d'une grande pertinence dans ce débat, une fois n'est pas coutume.

04.07.2008

Une pétition pour qu'elle reste

ingrid.jpg

Mais pourquoi donc Ingrid veux-tu déjà repartir sauver les Colombiens ? Et si ta place était ici, dans cette douce France que tu appelles de tes vœux ? Parmi nous, pour nous venir en aide, à charge de revanche !

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Les choses vont rentrer dans l’ordre : Je veux dire que nous allons enfin connaître celle pour laquelle nous nous sommes tant émues, depuis la libération de Florence Aubenas, journaliste retenue otage en Irak pendant plusieurs mois et libérée sous la pression médiatique d’une profession d’abord et de la France entière ensuite. Rappelez vous, le cas d’Ingrid Bétancourt n’avait jusqu’ ici pas beaucoup ou peu mobilisé la presse. Au plus, croissions-nous quelques fois les regards désespérés de ses enfants qui semblaient bien être les seuls à croire encore au miracle.
Et puis la mobilisation a enfin eu lieu. La presse d’opinion a créée l’émotion et ce ne fut que justice.
Moi qui ne suis pas très client de ces engouements médiatiques qui aussitôt qu’ils sont consommés retombent dans l’obscurité d’où la presse papivore les en avait sortie (Au fait, comment vont les Tibétains ?) j’ai trouvé cette femme sur le tarmac de Bogotà intéressante. Un peu plus tard dans la soirée, son long entretien sur France Télévision a renforcé mon sentiment.
Mais pourquoi donc Ingrid veux-tu déjà repartir et nous laisser ; préférant de loin sauver les Colombiens ? Et si ta place était ici, dans cette douce France que tu appelles de tes vœux, parmi nous, pour nous venir en aide, à charge de revanche ?
Tu pourrais avec ton courage et ta force habitée, nous débarrasser définitivement de Ségolène Royal et du petit phallocrate qui règne à l’Elysée ? Tu ferais un tabac ! Ton visage de madone, tes mots choisies avec force et sobriété te porteraient aux frontispices élyséens d’où tu rétablirais le dialogue Nord - Sud.
La France a besoin de toi pour reprendre confiance en elle et pour ne pas croire à ceux qui lui annotent que c’est en gagnant plus d’argent qu’on est plus heureux !
La France mais aussi l’Europe a besoin de toi : Tu finirais j’en suis sûr par imposer ton charisme sans difficulté contre la médiocratie fonctionnarisée de Strasbourg et de Bruxelles.
Ensuite, fort de ton aura et de ta notoriété tu pourrais t’attaquer aux narco-trafiquants du continent sud-américain et faire trembler les riches propriétaires terriens qui laissent les populations d’amériques latines exangues, dans des situations économiques moyennageuses et embrasent la fôret amazonienne par cupidité et bêtise !
Là serait ton véritable destin ! Tu serais notre Gandhi !

10:35 Ecrit par Jean-Pierre Bozzonne dans 02 Politique en France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ingrid bétancourt

02.07.2008

Un antimilitarisme de droite

Costume-Cadet-Armee-Terre-2-pieces_29194.jpgQui l’eut cru ! La droite qu’incarne Nicolas Sarkozy est antimilitariste : Un antimilitarisme de droite né avec les valeurs souvent proches des milieux d’affaires et du show-biz. Une culture qui n’a plus grand chose à voir avec le milieux traditionnel de la vieille bourgeoisie provinciale et catholique qu’incarne les Cadres de l’Armée française qui satisfaisaient jusqu’alors à l’ensemble des profils présidentiels de la 5ème République.

Comme sur d’autres points, Nicolas Sarkozy ne sait pas faire semblant. Il préfère les bourrades virils et autres accolades du 36 Quai des Orfèvres à l’univers soigné des cérémonies militaires. Lors de sa visite aux Glières, en mars, un Général à la retraite réclame pour les Anciens Combattants quelques Légion d’honneur comme c’est la coutume. «Je vous en donne quinze. Vous êtes content ?» lâche Sarkozy, croyant sans doute lui faire plaisir. Son livre Blanc sur la défense surpimant 54000 postes réalisé sans concertation avec les principaux interessés et le tragique accident du week-end dernier ont fait le reste.

Question : Est-ce qu’un Président, Chef des armées de surcroît d'une puissance nucléaire comme la nôtre, peut-il se permettre de mépriser dans le temps une institution aussi sensible que celle-ci ? Une grande muette qui l'est de moins en moins..

11:17 Ecrit par Jean-Pierre Bozzonne dans 02 Politique en France | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : armée, politique française

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