04.10.2009

Privatisation de La Poste : la forme et le fond

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Au dernier Conseil Municipal, les groupes d’oppositions Socialistes et de la T.E.A.M. ont exprimé  un vœu pour que la Poste ne soit pas privatisée.  La majorité UMP a rejetté ce vœu, comme moi-même.

Ce week-end avait lieu un peu partout en France, à l’initiative du P.S. et d’Olivier Besancenot, une votation populaire qui demandait aux Français leur opinion sur la privatisation de la Poste.  Il semblerait que la quasi majorité des participants à cet évènement ait rejeté toute idée de privatisation.

Ce vote populaire n’a aucune valeur juridique. Il avait pour but de mettre la pression sur le gouvernement en place et confirmer d’autres sondages qui montrent que 57% des habitants des communes rurales désirent l'organisation d'un référendum, ce pourcentage atteint 58% dans l'agglomération parisienne et 59% dans les communes urbaines de province.

Je ne me suis pas associé à cette votation.

Je pense que si les partis de gauche avaient dit qu’il s’agissait d’une pétition, cela aurait-été plus clair pour tout le monde. Laisser croire que tous ces points de rassemblement  disséminés sur les marchés, à la sortie des métros et des grandes surfaces  sont comme des « bureaux de vote » est une supercherie.

L’ouverture à la concurrence a débuté  en 1999 sous le gouvernement de Lionel Jospin. Il n’était pas encore question à l’époque de dénoncer l’UMP qui n’existait pas.  Bruxelles avait demandé  à la France de déterminer les entreprises du secteur public qui entraient dans le périmètre des entreprises qui devaient s’ouvrir à la concurrence.  

Le gouvernement Jospin a décidé de faire entrer la Poste dans cette évolution là.

Et ceci nous amène à parler de l’Europe et plus particulièrement de l’économie européenne telle qu’elle fonctionne actuellement et plus particulièrement encore  de sa directive sur la concurrence libre et non faussée à laquelle s’attache Bruxelles.

Cette directive  donne lieu à toute une série de mutations : libéralisation du marché de l’énergie, privatisation de GDF, ouverture à la concurrence du rail et du courrier, directive « services » et mise en compétition brutale d’entreprises qui jusqu’ici n’avaient pas cette culture de compétition agressive et brutale.

Si nous étions gouvernés par la gauche, rien ne serait différent aujourd’hui, en dépit des 24 suicides de France TELECOM qui aident à la légitimité de cette croisade politicienne.

facteur.jpgCelles et ceux qui s’opposent à l’Europe et à la privatisation annoncée de la Poste restent dans une certaine cohérence ; les autres sont soit manipulés ou soit de mauvaise fois. Ou alors n’ont rien compris.

Enfin et pour finir, de quoi parlons-nous aujourd’hui ?

D’un projet de loi qui prévoit de transformer La Poste en société anonyme à capitaux publics au 1er janvier 2010, prélude, selon les détracteurs du texte, à une privatisation, ce dont le gouvernement se défend.

 Le gouvernement justifie ce changement par l'ouverture totale à la concurrence du secteur postal prévue en 2011 par la directive européenne, et souligne que La Poste ne sera pas privatisée, contrairement à France Télécom ou GDF.

Si la réaction avait été logique et pertinente, soulevant de vrais problèmes de société et non pas toucher la fibre affective de gens qui ont peur,  avec, en toile de fond, des arrières pensées électorales, je me serais sans doute joint à ces mouvements.

Mais là, je reste sceptique sur le résultat final de toute cette agitation.

Celles et ceux qui parlent de faire de la politique autrement doivent se retrousser les manches.

Ici il s’agit de réfléchir comment conserver du lien social dans les petites communes où le postier reste quelques fois le seul lien humain pour des personnes isolées et dépendantes.

Il convient de savoir si nous voulons reproduire les mêmes excès qu’à France Telecom ou bien si un autre modèle de gouvernance d’entreprise (qui reste à inventer) peut être mis en place pour prendre en compte la dimension psychologique et social des femmes et des hommes qui composent une entreprise ?

C’est bien de s’occuper d’économie durable mais il est ; de mon point de vue ; aussi important de remettre l’homme au cœur de l’entreprise et de ne pas le considérer comme une seule variable d’ajustement.

Depuis trois siècles des métiers naissent et disparaissent au gré de l’évolution rapide de notre technologie et de la transformation de nos moyens de production.

Le processus de dématérialisation dans laquelle s’est engagée notre civilisation et avec elle des pans entiers de notre économie est inéluctable. Vouloir tout arrêter ou revenir en arrière est comme souhaiter remettre au goût du jour le rémouleur de couteaux et le vitrier au bas de nos immeubles.

Ce n’est pas la bonne méthode. C’est confondre la forme et le fond.

JPB

23.09.2009

Le financement de la Sécurité Sociale n'est pas satisfaisant

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28.04.2009

La Loi de Roselyne Bachelot va faire des vagues

sante.jpgLa lecture du projet de Loi de madame Bachelot, ne laisse aucun doute sur sa volonté d’effectuer des coupes sombres dans le domaine de la santé au seul motif que cette dernière serait trop onéreuse pour le contribuable.
En effet, les deux-tiers des établissements hospitaliers étant en déficit, il conviendrait selon la Ministre en charge de la santé de retrouver « l’équilibre » en transformant leurs modes de gestions. L’idée étant d’appliquer un mode de production emprunté à l’entreprise privée.

Une pétition de 25 chefs de services hospitaliers, tous reconnus comme de grands patrons, a été publié cette semaine par le nouvel observateur.
Au milieu de ce projet de Loi, une disposition particulière est en train de mettre le feu aux poudres, à l’instar des enseignants chercheurs, pour des raisons identiques.

Cette disposition porte sur le renforcement des pouvoirs et de l’autorité du directeur de l’hôpital, qui se voit confier « la pleine responsabilité de l’établissement de santé ».
Il pourra venir du privé, être nommé en conseil des Ministres, il aura tous les pouvoirs, y compris dans le domaine médical.
Il aura les pouvoirs d’orientation et de nomination. Le gouvernement voulant confier à des gestionnaires, des choix qui touchent à la santé, comme il a voulu mettre entre les mains des seuls présidents d’université, le destin de la recherche et de l’enseignement supérieur.

C’est le même modèle managérial que l’exécutif veut mettre en place en multipliant les postes de PDG dans toutes les grandes administrations publiques : la santé, l’université, la recherche, etc..

Les hôpitaux doivent être beaucoup mieux gérés, c’est une évidence, mais l’idée qui consiste à soumettre les choix de santé, les grandes orientations thérapeutiques, à la volonté d’un gestionnaire fut-il de grand talent, est une idée blessante pour les populations de médecins, de chirurgiens et d’infirmières concernées.

Les enseignants chercheurs sont parvenus à stopper cette disposition au niveau de l’université, il va se passer la même chose dans les hôpitaux.

La santé publique, comme la recherche ne peuvent pas se gérer comme la fabrication des boîtes de petits poids sauf à provoquer la fronde générale de toute une profession.

28.11.2008

La protection maternelle et infantile menacée, selon les médecins de PMI

pdss_pmi-s.jpgLes médecins de Protection maternelle et infantile (PMI) souhaitent alerter l'opinion, dans un manifeste rendu public le 28 novembre 2008, sur la situation difficile des PMI, demandant aux pouvoirs publics les moyens d'exercer leur mission.
Dans son
manifeste, Le syndicat national des médecins de PMI (SNMPMI) affirme que l'"Etat n'impulse plus aucune politique nationale globale de santé en faveur de la famille, de l'enfant et des jeunes". Il critique la "réduction des moyens octroyés par de nombreux départements à la PMI, de plus en plus remise en question".
Reprenant un
rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) de 2006, le syndicat souligne que, si la PMI n'a pas vocation à être "une médecine des pauvres", elle doit "rester orientée vers les populations socialement défavorisées". Or, dans de nombreux départements, en pratique, la PMI "voit son périmètre réduit, tantôt au strict domaine de la protection de l'enfance, tantôt au champ de l'action sociale". "De très nombreux" départements ont "purement et simplement" supprimé leurs services de PMI, 48 départements sont "sous les normes" pour les consultations et 55 départements le sont en matière de personnels.

"Les multiples acteurs qui devraient contribuer au financement de la PMI le font a minima", affirme le manifeste, qui rappelle que le budget global consacré à la PMI était, en 2005, de 605 millions d'euros, à comparer aux 23 milliards d'euros affectés par les départements à leurs dépenses d'action sociale et aux 10 milliards consacrés à la prévention dans la dépense de santé.
Les médecins, infirmières et puéricultrices qui exercent dans les services de PMI, enfin, "disposent de statuts et de conditions de rémunération parmi les moins attractifs de leur profession". Le manifeste rappelle les "atouts" des PMI : consultations médicales préventives, visites à domicile, bilans de santé en maternelle, soutien des familles, éducation familiale, prévention des mineurs en danger, dans un contexte de gratuité et de proximité des services.
Le SNPMI défend la création d'une instance nationale pour la promotion et la protection de la santé familiale et infantile, et revendique des moyens pour les PMI, et leur maintien dans chaque département.

La Gazette des communes

12.07.2008

Le départ de Thierry Olive de l'IDSU

BR.jpgLe Conseil d'Administration de l'IDSU qui s'est tenu hier a validé le départ de Thierry Olive de ses fonctions de Chef de Projets. 

Je voudrais profiter de l’occasion pour rendre hommage au travail réalisé par l’IDSU et tout particulièrement pour exprimer en tant que Châtenaisien mes remerciements à Thierry Olive qui en a été le capitaine depuis son origine.

Le courage politique est aussi de dire lorsque les choses vont dans le bon sens et de saluer les hommes pour le travail accompli. 

Les élections municipales de mars dernier semblent déjà bien loin. Elles ont été passionnantes de rencontres, de projets et de débats. Le suffrage universel a parlé, il a souhaité la continuité.

A  l’issu du scrutin, l’une des demandes qui me semblait importante de formuler en tant qu’élu conseiller municipal MODEM était en tout premier lieu de rencontrer  Thierry Olive.  Sans doute parce qu’étant né à Gennevilliers, d’une famille modeste, entre deux barres H.L.M., j’ai été le jeune cobaye  d’une politique d’urbanisation volontariste et outrancière qu’on présentait dans les années soixante comme le sésame aux problèmes de déficit de logements sociaux mais dont les conséquences s’avéreront catastrophiques quelques décennies plus tard, se traduisant par des lieux de tensions, de non droits et de ghettoïsation interethnique.  Le courage des acteurs politique de cette ville est de s’être retroussé les manches pour envisager des solutions innovantes plutôt que de raser l’espace de l’habitat social en le remplaçant  par un Disneyland locatif.

Thierry Olive et Patrice Couderc m’ont accueilli avec  simplicité et accepté de répondre à toutes mes questions de nouvel élu en prenant tout le temps nécessaire pour  m'expliquer les différentes étapes qui ont abouti à ce que nous reconnaissons aujourd’hui comme la mise en œuvre d’une véritable politique sociale d’intégration au cœur de la ville.

Les facteurs essentiels étaient réunis pout garantir le succès de cette entreprise sociale :

-     D’abord le temps. Essentiel pour la réalisation, l’observation et la correction des différents dispositifs mis en place.

-     Puis, les moyens financiers,  renouvelés chaque année afin de pérenniser le travail déjà accompli.

-    Mais aussi la passion : Car il faut savoir que la tâche est ingrate lorsqu’on n’a pas la passion qui va avec.  Car cet argent et cette énergie ne sont pas destinés aux éclats festifs des illuminations de noël ni à la satisfaction manifeste des Anciens après que la municipalité ait organisé des sorties champêtres ou des goûters aux allures de thé dansants. On sait, d’emblée que lorsque les choses iront bien, personne ou presque sera présent pour vous féliciter mais que dès que les choses iront mal, que le climat se crispera tout à coup, ils seront nombreux  à monter au créneau pour vous descendre.  Quant aux jeunes eux-mêmes, perdus dans leurs difficultés, ils seront rarement conscients de l’énergie développée pour les maintenir hors de la nasse.

-    Et j’en viens naturellement à la quatrième disposition qu’il faut posséder pour diriger cette entreprise sociale : je veux parler de l’humilité.  Car au fond ils sont trop peu nombreux les châtenaisiens qui connaissent le travail réalisé par Thierry Olive et son équipe bien que beaucoup de monde ait noté qu’il ne s’était rien passé ou presque à CM pendant les grandes émeutes de l’hiver 2005. Et comme je viens de l’évoquer les liens de confiance créés avec les jeunes sont longs à mettre en place,  ténus, fragiles et tout peut-être remis en cause du jour au lendemain : La ville n’étant pas à l’abri d’une dégradation économique et sociale nationale. 

 Voilà ce que je souhaitais rappeler. Fort heureusement T.O. ne part pas bien loin. Il est maintenant le DIR CAB de monsieur le Maire et gardera, j’en suis sûre une vigie bienveillance sur les activités de l’IDSU et sera toujours présent pour aider l’ensemble de ses collaborateurs.

16.12.2007

35 heures, le désordre annoncé

 


cd987d6baf5a69c8d69eb43a986934da.jpgDès cet été, accompagnant le premier paquet fiscal, Nicolas Sarkozy avait souhaité rapidement  mettre en application son slogan truiste  " travailler plus pour gagner plus ", en exemptant de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu les heures travaillées au-delà des 35 heures. Ses conseillers l’avaient informé des effets pervers d’un tel engagement (baisse des rentrées fiscales par une transformation des primes et une augmentation en heures supplémentaires rendues moins coûteuses pour l’entreprise, mais moins rentable pour le fisc..) : Il avait suivi les conseils et entouré ces nouvelles dispositions,  d'applications drastiques.

Du coup, la loi, devenue trop complexe, n'a jamais engendré le rebond d'activité attendu. D'où les nouvelles mesures, discutées le 18 décembre à l'Assemblée nationale, destinées à permettre aux salariés de se faire payer une partie de leurs journées de RTT.

Les journées de RTT sont assujetties à l'impôt sur le revenu, contrairement aux heures supplémentaires " pures ", et seront soumises à des cotisations sociales plus élevées pour les bas salaires. Rien ne justifie ce traitement différencié qui conduit des députés UMP à présenter des amendements pour mettre fin à cette situation paradoxale.

Pour éviter de creuser le trou de la " Sécu ", c'est l'Etat qui financera le manque à gagner dû à l'exemption de cotisations des heures supplémentaires. Il en coûtera 3,85 milliards d'euros en 2008. Ce choix pourrait se défendre si les contribuables ne payaient pas déjà 25 milliards d'euros d'allégements de charges pour financer en partie... les 35 heures !

Les 35 heures ayant conduit à la création de plusieurs smic, il a été décidé, en 2003, de les harmoniser par le haut. Mais pour ne pas trop pénaliser les entreprises, les charges sur les bas salaires ont été allégées. Aujourd'hui, le gouvernement entend offrir ces allégements aux entreprises qui négocient des accords salariaux - en faisant mine d'oublier qu'ils ont été accordés pour garantir leur compétitivité lors du passage aux 35 heures.

A ne pas assumer son choix économique - la suppression de la durée légale du travail -, le gouvernement s'est mis dans une impasse. A force de vouloir contourner l'obstacle, la méthode Sarkozy atteint ses limites.

 

15:00 Ecrit par Jean-Pierre Bozzonne dans 10 Politique Sociale | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note