20.02.2009
Outre-mer : face au mépris et aux approximations… vers une autre politique.
Mépris…
Depuis plusieurs semaines la Guadeloupe s’enfonce dans une crise progressive dont les signes avant coureurs n’ont pourtant pas manqué.
Quiconque est allé travailler dans les DOM a été confronté aux nombreux problèmes dont souffrent ces différents départements.
Coexistence de bidonvilles et de résidences de luxe favorisées par la « défiscalisation », faiblesse de certaines infrastructures…
Environ 1 600 000 personnes vivent dans trois des quatre DOM (Guadeloupe, Martinique et La Réunion) sur une superficie de 5 300 km carrés, soit une densité de près du triple de la métropole.
Quel est le nombre de kilomètres de voies ferrées ? Réponse : 0.
L’absence de concurrence, des sociétés privées en position de monopole ou de quasi-monopole et bien d’autres facteurs expliquent bon nombre de rentes de situation et des prix totalement exorbitants.
A titre d’exemple, ne cherchez pas dans les DOM le moindre prix sur les carburants dans les stations service car il n’y a qu’un seul importateur et qu’un seul distributeur.
Face à une situation de plus en plus tendue, Yves Jégo, le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, a multiplié les déplacements et les réunions avec les principaux acteurs politiques, économiques et sociaux.
C’est visiblement une méthode de travail qui déplaît en haut lieu.
Pour seul remerciement, celui-ci s’est fait convoquer à Paris en pleines négociations (le téléphone et les vidéoconférences entre la Préfecture de la Guadeloupe, Matignon et l’Elysée ne fonctionnent donc pas aux Antilles ?), s’est visiblement fait « remonter les bretelles » et est revenu encadré par deux « médiateurs ».
Premier mépris y compris pour le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer.
Lors de son avant-dernière et très longue intervention télévisée, ni les deux journalistes ni le Président de la République n’ont eu l’idée d’évoquer la situation aux Antilles qui pourtant se dégradait de jour en jour.
Deuxième mépris.
Lors de sa dernière intervention télévisée, le Président de la République n’a évoqué la situation Outre-mer que tout à la fin de son discours et ce, en quinze secondes en convoquant une future réunion.
Troisième mépris y compris pour le Premier ministre et de nouveau pour son secrétaire d’Etat.
Alors que la nouvelle du meurtre d’une personne, lié d’une certaine façon au climat d’insécurité régnant dans l’île était connue depuis plusieurs heures, aucun mot de condoléances de la part du Président de la République dans sa dernière intervention télévisée ni envers sa famille ni envers ses collègues.
Quatrième mépris.
Approximations…
Alors qu’il avait su avec talent sortir de la crise de la Nouvelle-Calédonie avec un remarquable courage politique, Michel Rocard a donné à un récent journal télévisé de RFO une interview consternante sur l’avenir de Mayotte.
Dans un langage peu compréhensible, celui-ci a multiplié les approximations du genre « la départementalisation va coûter cher aux Mahorais car il faudra payer un Président du conseil général, une assemblée et des locaux… ».
Rappelons simplement que le Président de l’actuelle collectivité territoriale existe déjà, que l’assemblée de l’actuelle collectivité territoriale existe déjà, que les locaux existent déjà, que tout cela fait d’ores et déjà l’objet de paiements et que nul ne s’émeut en termes de confusion des genres que le conseil municipal de la ville de Paris siège aussi parfois en tant que conseil général du département de Paris.
Par-dessus le marché, il est aussi navrant que l’ancien Premier ministre mette en exergue les insuffisances en matière d’éducation et d’hôpital alors que précisément l’effort de l’Etat a été colossal pour développer l’hôpital de Mamoudzou et les établissements d’enseignement secondaire.
Une autre politique
Ni mépris ni approximations, l’Outre-mer vaut bien mieux que cela.
Partout des hommes et des femmes mettent en œuvre leur volonté, leur savoir faire pour faire évoluer leur cadre de vie, moderniser leurs infrastructures.
A simple titre d’exemple la région Réunion est en voie d’achever deux projets capitaux à savoir la desserte par voie rapide entre Saint-Denis et Saint-Pierre et la mise en place d’un « tram-train » entre l’aéroport et Saint-Paul via Saint-Denis.
Il reste une tâche énorme à mener à bien dans les DOM tant le clientélisme, l’esprit clanique ou corporatiste y sévissent parfois au détriment des lois de la République.
Mais il existe aussi une énorme richesse faite de la jeunesse de sa population, des remarquables potentialités de ces îles, des politiques à mettre en œuvre notamment dans le cadre de la protection de l’environnement, de l’équité fiscale et foncière…
C’est cette autre politique fondée sur la prise en compte des spécificités mais aussi sur le respect de la loi républicaine que François Bayrou a raison de vouloir promouvoir Outre-mer comme en métropole.
Les prochaines élections européennes ne sont nullement déconnectées de l’Outre-mer.
Qualifié selon la terminologie officielle de « régions ultra-périphériques » de l’Union européenne, l’Outre-mer peut obtenir à ce titre aides et conseils pour un développement enfin plus harmonieux.
Et il nous appartient à nous tous de faire en sorte que nos concitoyens vivant loin de la métropole ne fassent plus l’objet de mépris ou d’approximations.
Patrick Dessen
Vice-président de la section MODEM de Châtenay-Malabry
06:30 Ecrit par Jean-Pierre Bozzonne dans 02 Politique en France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ultra-marins, ultra mépris, conflit dom, voguehaleine, patrick dessen, blog politique
10.02.2009
Générations Démocrates
A l’issue de la Conférence Nationale qui s’est tenue au Palais de la mutualité de Paris, je suis rassuré par la pêche et la réelle volonté d’en découdre de nos têtes de liste. A commencer par le premier d’entre eux dont le discours à été d’une qualité exceptionnelle. François Bayrou a, de façon didactique démontré à quel point il était fondamental que le Mouvement Démocrate s’affirme comme la seconde force du pays.
Il a rappelé avec quel discernement, avant toutes les autres représentations politiques confondues, que nous fûmes les premiers à dénoncer le poison de cette politique néolibérale qui devenait le mètre étalon incontestable et incontesté des projections et raisonnements politiques et médiatiques dominants de ce pays.
Nous sommes aujourd’hui convaincus que des valeurs particulières à la France sont mises à mal par le pouvoir en place qui recherche l’alignement sur un modèle anglo-saxon usé et contestable. Que ce choix se fait paradoxalement à un moment où ce modèle est au bord de l’implosion et tire la planète dans une spirale de tous les dangers.
Le réalisateur Québécois Denys Arcant en ayant successivement évoqué le déclin de l’empire et des invasions barbares qui s’en suivraient, avait trouvé avant tous les autres, par une fulgurance intéressante, les formules que nous semblons reconnaitre aujourd’hui comme des évidences certaines.
C’est maintenant que l’Europe doit montrer à nouveau le chemin. C’est aujourd’hui que l’Europe doit affirmer son leadership intellectuel et moral. C’est à l’issue des grandes crises que notre Continent a de tous les temps existé plus fort.
« Une nouvelle génération se lève et prend en main l'avenir de la France et de l'Europe. Oui la politique d'aujourd'hui est pervertie, mais pour vivre ensemble et construire l'avenir du monde, il va falloir y mettre les mains, de l'énergie et de la force de conviction ! Exemple de ces militants qui vont à contre courant des idées reçues sur notre génération tant décriée ! »
Celle qui a écrit cela vient de prendre ses distances avec notre mouvement. Je reviens une seconde fois là-dessus car je ne comprends pas que Quitterie Delmas se sente si résigner après moins de deux petites années (pourtant si riches) passées à la mise en place des instances de notre parti ?
Deux ans à peine nous séparent de la naissance de ce formidable espoir qu’est le Mouvement Démocrate ?
Comment en si peu de temps pense-t-elle en avoir fait le tour pour elle-même et écrire ne plus avoir le force d’attendre plus ?
Comment à l’âge de trente ans, elle qui se voulait être la porte-parole d’une nouvelle génération politique, elle puisse en avoir déjà assez et remettre en cause ce magnifique élan qui ne fait que commencer ?
Je réponds à Quitterie Delmas que cette volonté de renouveau politique et moral ne serait être la seule ambition et le seul apanage d’une génération de trentenaire. Mais que cet espoir est partagé et ressenti par tous les véritables démocrates qui se retrouvent dans le message de François Bayrou et ceci, dans une diversité transgénérationnelle.
Je dis à Quitterie Delmas que se sont différentes générations démocrates qui sont prêtes à se battre ensemble et retrousser leurs manches. Qu’elles se sentent prêtes à partager leurs savoirs, leurs expériences et préparer avec la fougue des plus jeunes l’alternance à laquelle nous aspirons tant.
Ces générations démocrates sont prêtes mais ont l’impérieux devoir de travailler ensemble main dans la main.
Que ce sont ces générations de démocrates qui vont s’attacher à promouvoir un projet politique différent construit dans le sillage du message de François Bayrou.
Que ce sont ces générations démocrates qui incarneront très prochainement le nouveau visage des français.
Que ce sont ces générations démocrates qui jetteront les bases avec pacifisme et rigueur d’une nouvelle exigence politique et morale.
Et que oui, elles seront aux côtés de la jeunesse pour y œuvrer mais que tout ceci ne sera possible qu’ensemble et non de façon clivée.
L’hymne à la joie de Beethoven a pris à la fin de cette conférence un relief particulier, chanté avec force par l’ensemble de démocrates convaincus qui s’étaient pour l’occasion réunis dans cette salle afin de marquer le coup d’envoi des élections européennes de 2009. Mais ils avaient tous les âges, venaient d’horizons politiques différents, partageaient des fois différentes, incarnaient toutes les catégories sociales de notre pays.
JPB
(*) Crédit photographique : Sylvie Brenez - Toutes reproductions réservées. (sylviebrenez@yahoo.fr)
08:28 Ecrit par Jean-Pierre Bozzonne dans 02 Politique en France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : conférence nationale modem, générations-démocrates, quitterie delmas, voguehaleine, jean-pierre bozzonne
09.02.2009
Newsletter de Février 2009
21:46 Ecrit par Jean-Pierre Bozzonne dans 00 Newsletter | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, europe, conseil national






