05.06.2009
L’Europe et les paradoxes d’une énième campagne.
Je ne me suis jamais autant agité de toute part pour mener un combat que je pense important et légitime dans ces élections européennes. Je ne me souviens pas avoir donné autant de temps pour convaincre, autant d’énergie pour conjurer un mauvais pressentiment, un gout de cendre que j’ai dans la bouche et qui me fait craindre le pire dans l’orientation politique prise un peu partout par les dirigeants européens en place à commencer par le nôtre.
Les choses semblent me donner raison : la crise mondiale financière capitaliste que j’avais tant craint et prédit, est arrivée et provoque en plus de la catastrophe économique annoncée, un repli vers l'intérieur, un glissement vers un protectionnisme voilé du chacun pour soi.
Je ne suis pas si sûr que les débordements sociaux qui pètent de toutes parts soient les préludes à une situation pré-révolutionnaires comme l’annoncent certains. Nous n’avons jamais été aussi jaloux de nos intérêts privés qu’à cette heure ou j’écris ces lignes.
Le très controversé traité de Lisbonne pourrait contribuer à mettre un peu plus de clarté dans cette Europe qui reste à définir. A commencer par réformer ou bien à inventer certaines institutions.
Mais les volontés politiques nationales restent la clé de voute d’une structure qui reste à inventer. Or on voit bien que ce sont les bailleurs de l’Europe, c'est-à-dire les gouvernements nationaux qui tirent la couverture sur eux et qui frappent à la moindre difficulté intérieure, une structure politique sans budget propre.
La plupart des pays européens qui ont construit l’Union, sont de vieilles nations qui ont traversées l’histoire avec des destins communs, des guerres qu’elles ont menées entre elles et des luttes fratricides qui étaient naguère encore les leurs.
Y a-t-il possibilité d’une démocratie et d’une seule dans cette espace qui change constamment et dont les frontières s’étirent de plus en plus ?
Il est temps, je veux dire qu’il y a véritablement urgence à que cette structure supranationale se dote des pouvoirs qui lui manquent et qui faute de ceux-ci, se révèle bien fragile sur le terrain.
Les questions étaient simples sur les marchés où nous tractions et dans les cafés démocrates où nous intervenions (lorsque nous n’étions pas entre nous, mais que quelques oreilles dispersées dans la salle, s’invitaient au débat).
Montrez-nous du concret !
Préservez nos emplois, coordonnez les politiques économiques des différents pays, dotez vous d’un protectionnisme intérieur, parlez nous d’écologie, soyez fort face à la Chine et à la Russie et défendez nos libertés d’expression.
Mais le grand paradoxe de ces prières et que mêmes si des réformateurs européens se battent pour cela; les peuples d'Europe, au moment venu de pouvoir agir à travers les urnes, ne montrent aucun désir de transformer les choses et semblent vouloir confier à leurs seuls gouvernements nationaux le soin de veiller à ce que surtout rien ne bouge ou bien très peu.
JPB
08:52 Ecrit par Jean-Pierre Bozzonne dans 12 Elections Européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : élections européennes, campagne européennes, blog politique, paradoxe, monchatenay.com







Ecrire un commentaire