08.06.2009
Elections européennes, J+1
A l’issu des résultats d’hier soir, je n’ai ressenti aucun état d’âme particulier. Plutôt le sentiment que les intuitions qui m’avaient habité pendant toute cette campagne et que je taisais par solidarité pour le groupe auquel j’appartiens se concrétisaient d’une certaine manière par le résultat que nous infligeaient les urnes.
Le mouvement démocrate a besoin de recentrer son discours s’il veut rester audible et défendre la valeur principale qui est la sienne et qui se résume au fond par une idée très simple, placer l’homme au cœur de toute entreprise politique.
Nous sommes pour la plupart d’entre nous, issus d’une rupture qui est née en 2007 avec la volonté de faire de la politique autrement. L’idée est séduisante sur le papier mais ne reste au mieux qu’une idée, et au pire une intention opportunisme, si nous ne la concrétisons pas en actions.
L’une des raisons principales de notre échec, je ne l’ai pas entendu hier soir dans la bouches de celles et ceux qui ont commenté les résultats.
Nous avons manqué de pragmatisme et nous avons été partial dans notre lecture de l’action gouvernementale.
Notre première erreur est sans doute que nous n’avons pas cessé de pensé à 2012 pendant toute cette campagne qui s’établissait sur le thème de l’Europe. C'est-à-dire, au fond nous avons fait ce que font d’habitude les partis lorsqu’ils sont au pouvoir, sans être au pouvoir.
Nous avions tous cela dans la tête et tous les meetings étaient empreints de cette obsession là. Et je défie n’importe quel militant d’affirmer le contraire.
La deuxième erreur et qu'il fallait à tout prix « plumer la volaille socialiste ». J’aime bien cette image même si nous l’avions emprunté à un journaliste qui avait vu clair dans notre jeu. A tel point qu’on a vu, au fur et à mesure de la campagne, notre discours se gauchiser. Pas tant dans le sens marxisme du terme. Il se gauchisait dans les paroles, pour ratisser large.
2 exemples :
La Loi Hadopi d’abord. On aurait pu se contenter de dire que cette loi n’était pas bonne pour expliquer que nous ne la soutenions pas, qu’elle n’était pas adapter à la problématique des artistes qui se font pilier tous les jours, notamment dans l’industrie du cinéma. Amener quelques arguments simples pour dire comment elle pouvait être perfectible ou réécrite.
Au lieu de cela, on a affirmé que le gouvernement qui la mettait en place en voulait à nos droits fondamentaux, que s’en était fini de notre liberté tout en apportant parallèlement la preuve qu’il était impossible de fliquer tout le monde, que l’instance administrative chargée de ce travail serait très vite dans l’incapacité de bien faire son boulot. Qu’il serait impossible d’affirmer qu’un IP était la propriété d’une personne physique ou morale. Bref tout et son contraire.
Cela s’appelle de la démagogie. On ne peut pas crier au loup et démontrer en même temps que le loup est en fait un petit roquet qui aboie plus qu’il ne mord. Si c’est cela réinventer la politique, je crois qu’on doit pouvoir faire mieux.
2ème exemple. La théorie du complot. Je pensais jusqu’ici naïvement quelle était l’apanage des partis extrémistes. Je dis qu’il faut que le Mouvement démocrate cesse cette mauvaise habitude qui consiste à brandir ce spectre tous les 5 minutes en jouant de surcroit les Caliméros !
Les sondages sont truqués ! Combien de fois ai-je entendu cette phrase !
On ânonnait cela de toute part. C’est vrai, ils prévoyaient que nous fassions un score entre 11 et 13%. Vous imaginez un instant qu’elle eut été les réactions des Ayatollahs du mouvement si un institut de sondage nous avait crédité de 8,45% ? Nous serions descendus dans la rue pour crier au fascisme. Et bien c’est le score que nous avons fait !
La nouvelle mode est de dénoncer le passage du Film HOME à la veille des élections comme un message subliminal à voter Cohn-Bendit ! On se demande bien qui serait derrière et a qui cela profiterait puisque ce film a eu une sortie planétaire le même jour.
D’une part c’est prendre les français pour des gogos et d’autres part c’est donner beaucoup d’importance au déroulement de cette élection française. Je rappelle que le Parti démocrate italien à obtenu plus de 27 % des voix avec la même programmation.
Bref ce n’est pas sérieux.
Si on analyse les résultats de cette élection, on voit que les français ne sont pas revenus vers les partis de gauche. Pourtant la crise est là et beaucoup d’entre eux en souffrent.
Ça montre bien que l’offre de gauche ne répond pas à ce que les français attendent ou tout au moins que cette offre est de moins en moins adaptée, audible et comprise. Bref que de moins en moins de gens y croient.
Alors pourquoi ce mouvement démocrate né, je le rappelle il y 2 ans de cette constatation là, se vautre dans un parti-pris de plus en plus complaisant avec la gauche et qu’il est des plus critiques avec les actions du gouvernement en place ?
réponse : par pur électoralisme.
Le MODEM a oublié le pragmatisme dont il se targuait dès ses origines pour enfiler le costume d’une nouvelle gauche qui tiendrait le même discours sociétal mais qui serait décomplexé sur l’aspect de la libre entreprise dès lors que l’idée de marché ne viendrait pas corrompre la notion centrale du respect de l’individu. C’est faire du vieux avec du neuf.
Cela explique peut-être aussi, au fond pourquoi cette crispation a fait fuir certains de nos électeurs vers l’offre écologique puisqu’aucun parti ne leur paraissait crédible.
Le PS traverse une crise structurelle dont l’explication ne se résume pas à la bataille de pouvoirs que mènent ses dirigeants. Les sections départementales sont solides, les militants nombreux, c’est un parti riche, avec de nombreuses personnalités, dont la notoriété est importante et pourtant…pourtant c’est un parti qui prend une gamelle à chaque élection depuis plus de 10 ans. Et c’est vers ce parti que nous devrions tendre tous nos espoirs, nos mains et notre énergie.
Je dis qu’il faut revenir aux fondamentaux. La ligne d’indépendance et d’impartialité.
A titre d’exemple personnel. Dans la ville de Chatenay-Malabry, je me suis présenté en tête de liste aux municipales. Je n’avais aucune notoriété. J’étais inconnu de tous. La liste s’est monté à la dernière minutes et j’ai fait un petit score de 8.6% Un petit score honorable au moment ou le MODEM faisait des score atteignant le double du mien dans la plupart des autre villes du 92.
A l’issue des résultats d’hier au soir, le score de ces villes à chuter d’un bon tiers. J’aurais du naturellement me retrouver pour Chatenay-Malabry aux alentours de 4 ou 5% voire même de moins dans un ordre statistique.
Et bien j’ai réalisé 9,34%
C'est-à-dire que j’ai conforté mon score de presque 1% supplémentaire dans ma ville au moment où toutes les autres ont dégringolées.
Pourquoi ?
J’ai des moyens modestes. J’ai bien sûr plus de notoriété qu’avant, je tiens un blog, je m’exprime dans la tribune du magazine local et dans mes interventions dans les conseils municipaux.
Jamais je n’ai cédé à la facilité qui consiste à démolir tout ce que fait la municipalité UMP. Je m’exprime et j’applaudis lorsque les choses sont bonnes qu’elles vont dans le sens du bien de tous les concitoyens. Lorsque j’en ai l’intime conviction.
Je porte mon mandat d’élu au service de tous les chatenaisiens et n’ont pas des seuls électeurs MODEM.
Je participe activement aux commissions.
Je ne suis jamais démagogue et je respecte tout le monde. Je suis toujours source de propositions et j’émets des critiques lorsque que je pense que les choses ne vont pas dans le bon sens ou bien qu’elles sont perfectibles.
J’envoie des signaux faibles aux habitants de ma commune pour leur dire que j’ai envie de faire de la politique autrement, au-delà des clivages traditionnels, surtout lorsqu’on sait que c’est au niveau local que la démocratie est la plus vivante et que c’est au niveau local que les marges de manœuvres financières sont les plus réduites.
Enfin je suis jaloux de mon indépendance et ma principale obsession n’est pas de voter avec le PS sur tout ce qui est dit ou qui se réalise et contre la Maire en place.
Recette simple que m’a enseignée le modem du début et dont il semble s’éloigner dangereusement.
17:20 Ecrit par Jean-Pierre Bozzonne dans 12 Elections Européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note






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