29.09.2009
Laisser courir la dette
Ni hausse d'impôt, ni coupe sombre dans les dépenses : privé de toute marge de manœuvre par la crise, le gouvernement a choisi de présenter un budget 2010 en déficit record qui gonflera encore un peu plus une dette déjà préoccupante.
Sous l'effet du reflux de l'activité, du plan de relance et de la chute vertigineuse des recettes fiscales, le déficit public (Etat, sécurité sociale et collectivités locales) va plus que doubler cette année pour atteindre 8,2% du PIB.
Un niveau jamais enregistré, même lors de la précédente récession de 1993 (- 6,4%).
En 2010, malgré l'arrêt progressif des mesures de soutien de l'économie et un retour de la croissance (+ 0,75%), le gouvernement "ne pourra faire mieux que de stabiliser les déficits globaux", a admis le 27 septembre le Premier ministre François Fillon.
Car si le seul déficit de l'Etat doit être ramené de 140 milliards en 2009, 115 en 2010, la crise et la flambée du chômage creuseront encore les comptes sociaux.
Entre hausse des impôts et réduction drastique de la dépense publique - deux domaines dans lesquels la France est en tète des pays industrialisés - le gouvernement a tranché : il laissera filer les déficits, remettant plus tard un choix difficile et forcément impopulaire.
Malgré les recommandations de Bruxelles qui a engagé contre la France une procédure "déficit excessif", Paris a reporté son engagement d'un retour en-dessous de la limite des 3% de déficits fixé par le Pacte de stabilité? européen, précédemment promis pour 2012.
"En 2010, nous ferons voter une loi pluriannuelle qui planifiera une baisse de la dépense publique sur plusieurs années", promet François Fillon. En attendant, aucun plan d'économies de grande ampleur n'est au programme l'an prochain.
06:45 Ecrit par Jean-Pierre Bozzonne dans 004 Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : économie, dette publique, monchatenay.com, blog politique, jean-pierre bozzonne, alliance centriste






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